American Beauty

American Beauty
*American Beauty (1999)


Réalisé par Sam Mendes.
Avec Kevin Spacey, Annette Bening, Thora Birch, Mena Suvari, Wes Bentley...
Film américain.
Durée: 2h02

La famille Burnham semble être, au premier abord, une famille américaine ordinaire. Toutefois, le manque de communication et la frustration amènent vite à un dérèglement total : le père tombe amoureux de la jeune et jolie copine de sa fille tandis que la mère trompe son mari avec un homme d'affaires qu'elle admire. La fille, quant à elle, se rapproche du fils du voisin.

**** Pour son premier long métrage, on peut dire que Sam Mendes a fait des merveilles. Une famille dont les membres vont peu à peu se détester pour finalement trouver un équilibre affectif auprès de personnes extérieures : le père tentera de séduire la meilleure amie de sa fille, la mère trompe son mari avec son idole et la fille tombe dans les bras du voisin.
Lester, envahi par l'impitoyable démon de midi, envoi tout balader : travail, famille...
Dans American Beauty, le personnage principal est mort, on le sait dès les premières minutes du film. En revanche, ce que l'on ignore c'est la cause de sa mort... Qui ? Quand ? Comment ?

Kevin Speacy est encore une fois incroyable dans un rôle qui lui va à merveille, on peut même dire qu'il a été fait sur mesure... Tora Birch est une incroyable actrice, dégageant un charme hallucinant en adolescente paumé, complexée et un peu folle sur les bords... Annette Bening aussi est géniale dans le rôle de la mère frustré et hystérique à force de supporter l'irresponsabilité de son mari.
Et que dire de la réalisation sinon qu'elle frise la perfection. Les fantasmes les plus intimes de Lester nous sont dévoilés au milieu des pétales de roses rouges sous lesquels se cache cette fille qu'il veut à tout prix...une métaphore intelligente et original.
American Beauty est un film magnifique, qui nous touche jusqu'au plus profond de nous même, mais certains passages se révèlent hilarants, et le fait qu'on en rit est probablement le fait que ces scènes nous concernent, nous les spectateurs : qui n'a jamais rêvé, comme Lester, d'envoyer son patron balader, et en plus en le menaçant de porter plainte contre lui pour harcèlement sexuel « vous pouvez prouver que vous ne m'avez pas promis de me rendre ma place si j'vous laissai me sucer» !!! C'est avant tout nos propres fantasmes, nos propres galères, qui sont petit à petit disséquées et présentées d'une façon incroyablement drôle.

Mais ce premier film de Sam Mendes n'est pas une simple comédie dramatique et représente également une excellente critique du rêve américain : des gens aux vie désastreuses qui tentent tant bien que mal de dissimuler leurs problèmes et leurs angoisses, aussi bien en ce qui concerne la famille que le travail « pour attirer la réussite il faut donner l'impression de réussir en toute circonstance ». Lester et sa femme se détestent, mais jouent le rôle d'un couple dont le mariage est une totale réussite, à la relation épanouie. De l'extérieur, la famille Burnam est ordinaire, une belle maison, des relations saines... Les principes fondamentaux de la société américaine, pourtant rongée de l'intérieur à force de constamment jouer un rôle. Tout y passe, patriotisme, auto motivation, notions du bonheur...

Chris Cooper incarne est également surprenant dans le rôle de l'américain, ex corps des marins américains, raciste, homophobe, dur avec son fils... Il incarne un homme violent mais qui s'avèrera finalement plus sensible qu'on pourrait le croire. Tout les personnages sont très humains, très réalistes, tous aux personnalités très différentes, aux motivations différentes.

American Beauty est une des oeuvres les plus belles, les plus originale et intelligente qui soit. Un véritable chef d'½uvre. C'est bien trop rare pour que vous passiez à côté.

# Posté le mardi 26 septembre 2006 08:54

Modifié le lundi 27 novembre 2006 15:05

Pulp Fiction

Pulp Fiction
CHEF D'OEUVRE ULTIME
*Pulp Fiction (1994)

-12 ans
Réalisé par Quentin Tarantino.
Avec John Travolta, Samuel L. Jackson, Uma Thurman, Harvey Keitel, Bruce Willis...
Film américain.
Durée: 2h29

Los Angeles. Deux tueurs à la petite semaine, un dangereux gangster, sa somptueuse épouse complètement défoncée, un boxeur déloyal en cavale, sa petite amie française, des prêteurs sur gages sadiques, un caïd élégant et dévoué, un dealer bon mari deux tourtereaux à la gâchette facile. Une voiture ensanglantée, une mystérieuse mallette noire, une montre de famille. Pulp Fiction, ou l'odyssée sanglante et burlesque de petits malfrats dans la jungle de Los Angeles.

**** Pulp Fiction est bel et bien ce que l'on peut qualifier de coup de maître. Avec son second long métrage, Quentin Tarantino révolutionne l'univers du film noir en s'inspirant de petits romans bon marché qui faisaient autrefois fureur aux Etats-Unis. Plus qu'un simple film de gangsters, Pulp Fiction plonge le spectateur dans la vie de petits truands, tous plus violents et déjantés les uns que les autres. C'est grâce à un système de narration hors du commun, une mise en scène en béton armé et un casting de rêve que le réalisateur catapulte sans mal son bébé au rang des chef d'½uvres indétrônables du septième art.
Tout le géni de Tarantino vient tout d'abord du fait que ses personnages, bien qu'ils soient des truands de la pire espèce, demeurent extrêmement sympathiques, de par leur personnalité, leurs conversations sur la façon de déguster les frittes en Hollande ou leur débat sur les massages...tous les traits de la personnalité des personnages nous sont dévoilés, le spectateur apprend à les connaître et finit inéluctablement par s'y attacher. Mais le réalisateur excelle également dans le domaine de la violence ou il demeure être un maître absolu, et parvient à rendre une violence qui pourrait être insoutenable incroyablement drôle et divertissante. Vous avez rit au moment fatidique ou Vincent Véga plante une seringue d'adrénaline dans le c½ur de Mia Wallace, victime des pires souffrances dues à une overdose d'héroïne? Ou quand le pauvre Marvin se fait littéralement exploser la tête par le même Vincent Véga quelque peu maladroit? Ne vous en faite pas, vous êtes normal...c'est cette utilisation pure et simple de la violence, cette façon de la rendre tellement drôle, qui a fait de Tarantino ce qu'il est, un géni, peut être même un visionnaire, allez savoir. Côté casting, le réalisateur nous sort le grand jeu! Pulp Fiction permet le grand retour de John Travolta, absolument génial en gangster camé et fan d'Elvis. Samuel L. Jackson est stupéfiant en tueur accro à la bible. Bruce Willis, Harvey Keitel, Uma Thurman, tous sont excellents, dirigés d'une main de maître, et incroyablement convaincants. Les scènes cultes s'enchaînent non stop, toutes plus drôles et originales, comme celle du concours de twist du Jack Rabbit Slims...inoubliable! Pulp Fiction contient également un très grand nombre de références au septième art, et le réalisateur fait preuve d'un vrai fanatisme pour le cinéma. Comme il le dira plus tard pour Kill Bill, «c'est un film fait par un cinéphile pour des cinéphiles». La mise en scène est incroyable, témoignant d'une incroyable évolution du réalisateur depuis Reservoir Dogs et sa mise en scène très simpliste. Côté musique, là non plus on s'est pas foutu de nous! On retrouve la sublime Girl, You'll Be A Woman Soon de Urge Overkill et la désormais très connue Misirlou de Dick Dale...de quoi ravir nos petits oreilles avides de sensations fortes. Pour résumer, Pulp Fiction est un des ces chef d'oeuvres inestimables et surtout incomparable avec tout ce qui a été fait auparavent. Un mythe absolu d'un géni du cinéma qui réalisera une filmographie parfaite. Impossible selon moi de ranger Pulp Fiction dans tel ou tel tiroir, ou de lui coller une étiquette, il est unique, et l'unicité est le propre du chef d'oeuvre.

20/20

# Posté le jeudi 12 octobre 2006 05:44

Modifié le lundi 27 novembre 2006 15:01

The Full Monty

The Full Monty
*The Full Monty (1997)


Réalisé par Peter Cattaneo.
Avec Robert Carlyle, Mark Addy, Steve Huison, Tom Wilkinson...
Film anglais.
Durée: 1h32

Aujourd'hui Sheffield, qui fut l'orgueil du Yorkshire et le joyau de l'Angleterre, est une ville sinistrée. Le chômage y règne en maître et les hommes désoeuvrés errent dans les rues en quête d'illusoires petits boulots. La venue de la troupe des Chippendales, qui, lors de leur spectacle, provoqua un véritable délire chez les spectatrices, va donner des idées a Gaz et ses copains. Si les femmes de Sheffield craquent pour des éphèbes anabolisés, que penseront-elles de vrais hommes, prêts à aller jusqu'au bout en s'exhibant entièrement?

*** Drôle, tendre et intelligent, The Full Monty est un vrai moment de bonheur.
Gaz et ses amis sont tous au chômage et se voient contraints de mettre au point un numéro de Chippendales. Pas tellement jeunes, pas vraiment mignons, la bande accumule des galères plus grosses qu'eux pour pouvoir réaliser leur show dont le succès n'est pas du tout garanti.

L'histoire se déroule dans une Angleterre sombre et désespérée ou les hommes doivent lutter pour trouver du travail. Le personnage est très attachant, irresponsable et immature, il devra néanmoins se battre pour pouvoir continuer à voir son fils. Interprété par un Robert Carlyle très en forme, Gaz est un personnage très vivant, drôle et touchant. Les acteurs sont d'ailleurs tous très convaincants, humains et attendrissants.

Bon nombre de passages sont devenus cultes, comme la très célèbre scène de la file d'attente. Inoubliable. On suit chaque personnage dans sa vie de tous les jours, on apprend à connaître leur personnalité et leurs problèmes: Gaz doit avoir de l'argent pour pouvoir voir son fils, Dave est complexé et doute de l'amour de sa femme, Lomper doit s'occuper de sa mère et est bien décidé à en finir avec la vie, Gerald est licencié mais a peur d'en parler à sa moitié... bref, tant d'ennuis qui ne leur laisseront plus le choix: ils doivent réussir leur show! Le tout est bercé par de très grands morceaux, qui raviront les petits jeunes comme les plus nostalgiques.
The Full Monty est un très bon film à savourer en famille. Un moment drôle, tendre et intelligent avec des acteurs géniaux. Très grand film.

15/20

# Posté le jeudi 12 octobre 2006 06:13

Modifié le lundi 27 novembre 2006 15:02

Bernie

Bernie
*Bernie (1996)

-12 ans
Réalisé par Albert Dupontel.
Avec Albert Dupontel, Claude Perron, Roland Blanche, Hélène Vincent...
Film français.
Durée: 1h27

Quand il quitte l'orphelinat, Bernie Noël est âgé de trente ans. Il n'a qu'un seul but : connaître ses origines. Commence alors un parcours semé d'embûches pour ce garçon névrosé et déconnecté du monde réel qui va semer le désorde partout où il passera.

**** Avec son premier film, Albert Dupontel pénètre dans le rang très fermé des maîtres de l'humour noir.
Le petit Bernie, grand en apparence mais encore très innocent intérieurement, apparaît au départ comme un garçon, certes légèrement dérangé, mais tout de même touchant par son innocence et son ignorance totale de la société, du monde à l'extérieur de l'orphelinat. C'est alors que commence sa quête sanguinaire à la recherche de ses parents, qu'il imagine milliardaires et américains.

Bernie est mythomane, paranoïaque, psychotique et surtout totalement déjanté, il vit dans un monde qu'il a crée de toute pièce... On est tout de suite plongé dans l'ambiance très sombre, réellement glauque et malsaine de l'univers dans lequel il évolue.
Les acteurs sont géniaux: Albert Dupontel évidemment impressionnant, collant à la perfection à ce personnage fêlé, prêt à tout pour délivrer ses parents d'un conflit mafieux immaginaire, Claude Perron également excellent en jeune de banlieue héroïnomane lassée de sa vie pourrie. Roland Blanche est incroyable, il a des mimiques absolument géniales et une tête incroyable!
Ce premier long métrage d'Albert Dupontel est un grand moment de violence, aux images dérangeantes et on se surprend à éclater de rire en voyant Bernie et son père tuer toute une famille à coup de pelle... Voilà en quoi ce premier film innove. Un peu à la façon de C'est Arrivé Près de Chez Vous, Bernie est avant tout intéressant pour ses scènes d'une rare violence devant lesquelles le spectateur ne peut qu'être plié en deux ! Et c'est ce qui rend le film culte: entre le meurtre de la femme de ménage dans le bureaux de la D.D.A.S, la famille tuée à coup de pelle par Bernie et son père, les parents qui s'entretuent...des moments incroyablement violents mais totalement hilarants, tout comme les répliques, elles aussi cultes pour la plupart. L'humour est finalement très proche de celui des one man show du réalisateur.

Malgré le petit budget dont a bénéficié le film, la réalisation ainsi que la mise en scène sont irréprochables: un travail très pointilleux a été effectué en ce qui concerne la réalisation, témoignant d'un certain perfectionnisme de la part de Dupontel. La mise en scène fourmille de petits détails tous plus hilarants les uns que les autre: l'appartement de Bernie, très particulièrement décoré, est un vrai régal pour les yeux, un ravissement humoristique... Le réalisateur démontre bien qu'en plus d'être un très bon scénariste et un excellent acteur, il est également un réalisateur au talent impressionnant.
Bernie, c'est le genre de film pour lequel il n'y a pas de juste milieu, on adore ou on déteste. Un grand moment de violence à l'ambiance glauque, aux personnages ultra décalés et à la mise en scène et à la réalisation exceptionnelle. Un vrai ravissement pour les yeux dirigé par un réalisateur incroyable dont il faut absolument suivre la filmographie.

# Posté le jeudi 12 octobre 2006 06:30

Modifié le lundi 27 novembre 2006 15:03

L'Armée Des 12 Singes

L'Armée Des 12 Singes
*L'Arméee Des 12 Singes (1995)


Réalisé par Terry Gilliam.
Avec Bruce Willis, Madeleine Stowe, Brad Pitt...
Titre original: 12 Monkeys
Film américain
Durée: 2h10

Nous sommes en l'an 2035. Les quelques milliers d'habitants qui restent sur notre planète sont contraints de vivre sous terre. La surface du globe est devenue inhabitable à la suite d'un virus ayant décimé 99% de la population. Les survivants mettent tous leurs espoirs dans un voyage à travers le temps pour découvrir les causes de la catastrophe et la prévenir. C'est James Cole, hanté depuis des années par une image incompréhensible, qui est désigné pour cette mission.

**** Terry Gilliam, mondialement connu pour ses légendaires Monty Python, réalise tout simplement le meilleur film de science fiction des années 90.
James Cole est «volontaire» pour être envoyé dans le passé et ainsi trouver la cause de l'apparition d'un étrange virus ayant réduit à néant 99% de la population mondiale, condamnant les survivants à vivre sous terre. Ballotté entre plusieurs époques, James rencontre plusieurs personnes, dont Jeffrey Goines, un illuminé croisé dans un asile, qui l'aideront dans la difficile quête qui lui a été confiée.

L'armée des Douze Singe impressionne tout d'abord pour son casting. Bruce Willis étonne par une prestation incroyable, un rôle assez différent de ceux auxquels il nous a habitué. Mais Bruce Willis est loin d'être un mauvais acteur, et il le démontre en réalisant une performance incroyable, secondé par un Brad Pitt qui n'a rien à lui envier. Il est tout simplement incroyable dans le rôle d'un fêlé, cloîtré dans un asile qui se révèle finalement bien moins fou qu'on veut le croire. Oui, Brad Pitt a fait des erreurs et joue dans des daubes, mais il demeure être un très grand acteur qui fait de vrais merveilles quand il veut... Madeleine Stowe est elle aussi très efficace, un rôle taillé sur mesure pour une très bonne actrice.

Le scénario est une petite merveille: au départ simple, de nouveaux éléments apparaissent, rendant l'histoire par moment complexe, mais on finit toujours par comprendre.James voyage dans différentes époques, mais le mise en scène est toujours très glauque, aux couleurs très ternes, surtout en ce qui concerne la prison sous terre.

L'Armée des Douze Singes introduit également une intéressante réflexion les traitements psychiatriques et sur la folie en général «Le psychiatre, ce prêtre des temps modernes, c'est lui qui décide ce qui est vrai ou faux ?! C'est lui qui décrète ou commence la folie ?!»
Le tout est bercé par une musique incroyable, inquiétante, qui correspond parfaitement à l'ambiance générale du film.

Terry Gilliam a fait des merveilles. L'Armée des Douze Singes est un véritable chef d'½uvre, à l'ambiance angoissante, la mise en scène fabuleuse et aux acteurs incroyables. A voir de toute urgence.

# Posté le jeudi 12 octobre 2006 07:13

Modifié le lundi 27 novembre 2006 15:05