The Big Lebowski

The Big Lebowski
*The Big Lebowski (1998)


Réalisé par Joel Coen.
Avec Jeff Bridges, John Goodman, Julianne Moore, Steve Buscemi...
Film américain.
Durée: 1h57

Jeffrey Lebowski dit Le Duc est un loser passant son temps à jouer au bowling avec ses amis Walter Sobchak et Donny. Mais un jour, deux voyous débarquent chez lui, le menacent, le somment de rendre l'argent que sa femme doit à Jackie Treehorn, et surtout urinent sur son tapis. Le seul ennui, c'est que Jeff n'a pas de femme et a été confondu avec un autre Lebowski, qui lui est millionnaire. Le Duc décide donc d'aller voir le riche Lebowski pour se faire dédommager, et met ainsi le doigt dans un engrenage qui le mènera de péripétie en péripétie.

**** Les frères Cohen réalisent certainement le meilleur film de leur carrière.
Jeff Lebowski, surnommé le Duc, est sans aucun doute le plus grand fainéant qui soit. Il passe ses journées à jouer au bowling avec ses amis mais est un jour agressé par deux gros bras qui l'accusent de devoir une importante somme d'argent à Jackie Treehorn et souillent son tapis (qui rendait très bien dans la pièce).

The Big Lebowski est tout simplement la meilleure comédie américiane des années 90. Foutrement originale et magnifiquement réalisée, l'histoire délirante et déjanté du Duc est depuis entré dans les mémoires. Jeff Bridges colle parfaitement à son personnage, drôle et attendrissant par sa simplicité, et gardant toujours l'attitude cool... Mais le meilleur personnage reste celui de Walter, interprété par John Goodman, décidemment impressionnant. Walter, un vétéran du Vietnam, d'origine polonaise catholique reconverti au judaïsme par sa femme, est complètement fêlé, obsédé par la guerre du Vietnam et incroyablement violent «voilà ce qui se passe quand veut niquer les gens jusqu'au trognon ». Vraiment génial. On appréciera également le petit rôle tenu par le très grand Steve Buscemi, acteur fétiche des frères Cohen.

Le scénario, finalement assez similaire à celui de Fargo, est parfaitement ficelé, tient la route tout le long du film. La réalisation est grandiose, comme la mise en scène, particulièrement pendant les différents moments de délires du Duc: entre celui ou il vole au dessus des rues de Los Angeles, quand il rentre dans une boule de bowling ou l'excellent passage du « balai » avec Julian Moore, une scène culte digne des plus grandes comédies musicales.
En plus d'être une excellente comédie, The Big Lebowski introduit une excellente réflexion sur les bienfaits du nihilisme et sur le langage politiquement correct « Je voulais te dire que chinois c'est plus le terme en rigueur, on dit américain d'origine asiatique ».
Oui, le bébé des frères Cohen est culte, et ce n'est pas pour rien, grâce à des répliques hilarantes «Je ne joue jamais au bowling le samedi...samedi, c'est Shabbat ».

The Big Lebowski est un excellent film doté d'une réalisation irréprochable, avec des acteurs incroyables. Un très bon film à voir absolument.

# Posté le jeudi 12 octobre 2006 07:26

Modifié le lundi 27 novembre 2006 15:06

Requiem For A Dream

Requiem For A Dream
*Requiem For A Dream (2000)

-12 ans
Réalisé par Darren Aronofsky.
Avec Ellen Burstyn, Jared Leto, Jennifer Connelly, Marlon Wayans...
Film américain.
Durée: 1h50

Harry Goldfarb est un junkie. Il passe ses journées en compagnie de sa petite amie Marion et son copain Tyrone. Ensemble, ils s'inventent un paradis artificiel. En quête d'une vie meilleure, le trio est entraîné dans une spirale infernale qui les enfonce toujours un peu plus dans l'angoisse et le désespoir.
La mère d'Harry, Sara, souffre d'une autre forme d'addiction, la télévision. Juive, fantasque et veuve depuis des années, elle vit seule à Coney Island et nourrit dans le secret l'espoir de participer un jour à son émission préférée. Afin de satisfaire aux canons esthétiques de la télévision, elle s'astreint à un régime draconien. Un jour, elle le sait, elle passera de l'autre côté de l'écran.


**** Loin d'être un simple film sur la drogue, Requiem For A Dream est avant tout un drame psychologique terriblement intelligent. Le réalisateur de Pi réalise une œuvre majeur, d'une beauté inestimable et au réalisme foudroyant. Dans Requiem For A Dream, le thème principal est la dépendance, celle que nous connaissons tous, vous et moi compris: drogue bien sure, mais aussi télévision, sexe, bouffe...
D'un côté, il y a Sarah, une femme seule qui n'a que sa télévision comme échappatoire et qui n'a qu'un seul objectif dans la vie: passer dans son émission préférée. Et c'est à grand coup d'amphétamine que Sarah perd ses kilos pour pouvoir enfin rentrer dans sa robe rouge. De l'autre côté, il y a son fils, Harry, accro à l'héroïne, qui passe le plus clairs de son temps à voler la télévision de sa mère pour la revendre, gagner de l'argent, et ainsi se procurer ses doses. C'est pour lui et ses amis une échappatoire évidente, une façon de fuir la réalité et d'avoir la vie dont ils rêvent. Leur vie se résume à faire fondre leur petite existence dans une cuillère pour ensuite s'en injecter le contenu directement dans les veines.
Très rapidement, chacun des quatre personnages devient terriblement attachant. Les décors sont sombres, l'ambiance est glauque et la musique est...magique! Belle, douce, envoûtante, jamais une musique n'avait provoqué tant d'extase et d'anticipation. Darren Aronofsky prouve son immense talent de réalisateur et est tout bonnement incroyable. La caméra va partout, bouge dans tous les sens, tremble, vibre, et enfin se fige...chaque situation est vécue à cent pour cent par le spectateur qui est stressé, angoissé, terrifié par cette violence purement psychologique. Mais résumer l'œuvre d'Aronofsky à une simple histoire de junky se résumerait à insulter son intelligence. Requiem For A Dream conte l'histoire d'une Amérique perdue, d'une jeunesse sans repaires, sans issues. Un e Amérique profonde plongée dans l'ennui, la routine, qui tente d'oublier les difficultés de leur vie devant leur écran de télé ou en gobant des pilules qui leur scotchent les dents...
Jared Leto, jeune acteur très en vogue ces temps-ci, est incroyable d'intelligence et de sincérité. Un futur très grand qui a déjà un bon nombre d'excellents films à son palmarès. La très grand Ellen Burstyn est un fois de plus mémorable dans un rôle fait sur mesure: une tête incroyable pour une actrice hors du commun. Quand à Jennifer Connelly et Marlon Wayans, tous les deux sont géniaux et réalisent des performances hallucinantes. Malgré le fait que chaque personnage soit terriblement attachant, par de happy end dans Requiem For A Dream. Quelle que soit leur dépendance, tous auront des destins similaires, glauques et terrifiants. Malgré cette fin horrible, on ne peut que constater l'inimaginable beauté présente dans le film, et l'intelligence débordante dont fait preuve son réalisateur. Le spectateur est mal à l'aise, presque nauséeux...on croirait à un mauvais trip d'ecstasy! Requiem For A Dream est une expérience unique qui, contrairement aux autres films traitant de la drogue, choque, dérange et fout vraiment le cafard, même longtemps une fois terminé. Requiem For A Dream, c'est un train lancé à grand vitesse que l'on se prend en pleine face.
Darren Arronofsky réalise un véritable chef d'œuvre comme on n'en avait pas vu depuis trop longtemps. Une totale réussite en tout point.

19/20

# Posté le jeudi 12 octobre 2006 16:20

Modifié le lundi 27 novembre 2006 15:07

Un Poisson Nommé Wanda

Un Poisson Nommé Wanda
*Un Poisson Nommé Wanda (1988)


Réalisé par Charles Crichton.
Avec Jamie Lee Curtis, John Cleese, Kevin Kline, Michael Palin...
Titre original: A Fish Called Wanda
Film américain.
Durée: 1h48

Un avocat fort coincé, Archie Leach, flanqué d'une épouse snob, une belle americaine sexy, Wanda, aux jambes qui n'en finissent pas, son fougueux "latin lover" Otto, ex-agent de la CIA, un grand timide et ami des bêtes, Ken Pile, un poisson exotique nomme Wanda qui finit tristement dans l'estomac d'Otto et, enfin, George, minable gangster dans l'esprit duquel germe le enième hold-up du siècle. Tel est l'équipe de gagnants qui composent cette comédie policière, dans laquelle chacun d'entre eux va essayer de tirer profit de l'autre.

**** Que peut-on dire de Un Poisson Nommé Wanda si ce n'est que c'est un vrai moment de bonheur. Charles Crichton nous présente un film hilarant, aux répliques et scènes cultes, et aux acteurs formidables, incarnant des personnages plus originaux et drôles les uns que les autres: la bombe qui abuse de ses charmes, l'avocat anglais coincé, le bègue accro aux animaux, le psychopathe qui se prend pour un philosophe...Bref, à priori de quoi nous faire passer un bon moment. Et le pari est réussi, c'est le moins qu'on puisse dire.

On retrouve une Jamie Lee Curtis particulièrement en forme dans un rôle qui lui va à la perfection. John Cleese est phénoménal en avocat ultra coincé qui succombera aux charmes de la belle, et du coup se retrouvera pourchassé par un Kevin Kline tout simplement hallucinant! Certainement dans son plus grand rôle, Kline est incroyable, un véritable monument d'humour à lui tout seul, enchaîne des gags plus délirants les uns que les autres.

Et oui, ce poisson là est culte, et ce n'est pas pour rien: entre Otto qui avale les uns après les autres tous les poisson vivants de Ken "vaut mieux éviter les verts...ils sont pas encore murs", John Cleese suspendu la tête en bas tenu par les pieds par le même Otto de la fenêtre d'un immeuble, Ken en serial killer de chiens... tant de moments incroyablement drôles qui ne peuvent que vous faire hurler de rire, toujours avec un humour so british particulièrement agréable. Le scénario est bien ficelé et tient le spectateur en haleine du début à la fin. Le tout est agrémenté d'une réalisation irréprochable et d'une mise en scène tout à fait respectable.

Un Poisson Nommé Wanda est un très grand moment qui surprend par son intrigue et surtout la performance inoubliable de ses acteurs. Un film culte que vous n'êtes pas près d'oublier.

# Posté le vendredi 13 octobre 2006 04:48

Modifié le lundi 27 novembre 2006 15:08

Dédales

Dédales
*Dédales (2003)

-12 ans
Réalisé par René Manzor.
Avec Lambert Wilson, Sylvie Testud, Frédéric Diefenthal, Michel Duchaussoy...
Film français .
Durée: 1h40

Claude est une tueuse schizophrène à personnalités multiples. Le docteur Brennac, psychiatre, et l'inspecteur Matthias mènent une enquête parallèle pour découvrir le mystère qui entoure ses meurtres et la réelle identité de Claude.

(0) Quand les français marchent sur le terrain des américains, le résultat est rarement à la hauteur de l'engagement. Avec Dédales, René Manzor nous fait découvrir Claude, une tueuse aux personnalités multiples suivie par le docteur Brennac, interprété par Lambert Wilson, et recherchée par Mathias, Frédéric Diefenthal.

La première partie est plutôt agréable: l'histoire est relativement intéressante même si ce n'est pas particulièrement original, la réalisation tient la route malgré quelques petites tentatives douteuses, et les acteurs sont à peu près convaincants. Je dis bien à peu près: Sylvie Testud fait dans l'ambiguïté en étant parfois impressionnante, tenant son rôle à la perfection, mais tombe d'autres fois dans le gouffre du sur jeu, elle en fait trop et ça en devient irritant. Il en est de même pour Lambert Wilson, lui aussi tombant à certains moments purement et simplement dans le pathétique. Quand à Frédéric Diefenthal, ce n'est pas un grand acteur, on le savait déjà, et il ne fait que le confirmer...

Le scénario, alors qu'est au début intéressant, accrochant le spectateur dans son ensemble, devient à la fin du film confus, voir peut-être même incompréhensible. Même s'il reste simple dans son ensemble, certains éléments restent confus, ce qui laisse le spectateur sur sa faim.
Le tout tombe très souvent dans les clichés vus et revus: entre le flic limite barjot que personne ne prend au sérieux mais qui finit toujours par avoir raison, tous les patients de l'hôpital psychiatrique s'apparentant plus à des singes abrutis qu'à des êtres humains... Faut innover un peu !

L'idée de mélanger l'enquête policière au mythe du minotaure n'était pas une mauvaise chose, et le résultat aurai pu être appréciable, mais on tombe trop souvent dans le déjà vu et on en est parfois à se demander quand est ce que le film va se terminer... pourtant il ne dure que 1h34.L'ambiance est assez intéressante, les musiques parviennent à nous plonger dans la peau des personnages.

Les français ne sont décidemment pas fait pour ce genre de cinéma, qu'on se le rentre dans le crâne. Malgré quelques bonnes idées, les acteurs étant parfois bons, souvent très mauvais, le scénario par moment extrêmement confus et la réalisation se rapprochant plus du téléfilm moyen de TF1 éloigne incontestablement le film de son objectif principal: faire un 6e sens à la sauce française. A vous de juger.
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# Posté le vendredi 13 octobre 2006 04:54

Modifié le lundi 27 novembre 2006 15:09

Garden State

Garden State
*Garden State (2004)


Réalisé par Zach Braff.
Avec Zach Braff, Natalie Portman, Peter Sarsgaard, Ian Holm...
Film américain.
Durée: 1h42

Andrew Largeman, dans la vingtaine, mène une vie paisible à Los Angeles où il essaye, sans trop de succès, de devenir acteur. Il est complètement assommé par la quantité de médicaments qu'il prend.Il revient dans sa ville natale dans le New Jersey pour enterrer sa mère paraplégique. Il y retrouve ses anciens amis qu'il a quitté neuf ans auparavant. Il rencontre aussi Samantha, épileptique, étrange et belle, dont il va, petit à petit tomber amoureux.

**** Zach Braff, connu jusqu'à maintenant pour être l'acteur principal de la série TV Scrubs, étonne, épate, impressionne par ce premier film drôlement drôlement prometteur. Racontant l'histoire de Andrew, un garçon qui a quitté sa ville natale pour devenir acteur à Los Angeles, qui, en revenant chez lui pour assister à l'enterrement de sa mère, revoit ses amis d'enfance et fait la rencontre de Samantha.

Moi qui ne suit habituellement pas du tout fan des comédies romantiques, et encore moins quand elles nous viennent des Etats-Unis, je dois bien admettre que Garden State est un très grand film. Un scénario simple, mais parfaitement mis en scène, une réalisation implacable et des acteurs drôles et attachants font de lui une petite merveille... Le film explore tous les horizons: amitié, amour, drogue, la réussite professionnelle... qui sont toujours abordés de façon drôle et intelligente. On y découvre un personnage émouvant, drogué depuis des années, aux relations complexes, que ce soit avec ses amis ou avec son père. Nous sommes alors témoin de la construction d'un amour profond et sincère, abordé d'une façon incroyablement touchante. Pas de scène à l'eau de rose, juste une histoire d'amour simple et émouvante...

Ceux qui pourraient penser que Garden State fait dans le réchauffé en pompant honteusement sur ce qui a déjà fait (il faut bien admettre que les film du genre ne manquent pas) commettraient un grave erreur: non, le premier bébé de Zach Braff n'a pas de smblable, ne ressemble à rien de connu et touche par sa sincérité. Un très bon film passant à côté de tous les clichés, réalisé par un réalisateur très talentueux à qui il ne reste plus qu'à faire ses preuves.

# Posté le vendredi 13 octobre 2006 05:04

Modifié le lundi 27 novembre 2006 15:10