Reservoir Dogs

Reservoir Dogs
*Reservoir Dogs (1992)

-16 ans
Réalisé par Quentin Tarantino.
Avec Harvey Keitel, Michael Madsen, Tim Roth, Steve Buscemi, Chris Penn...
Film américain.
Durée: 1h39

Six malfrats qui ne se connaissent pas, sont rassemblés pour perpétrer le vol parfait. Mais leur casse apparemment facile se transforme en un guet-apens sanglant, et ces tueurs sans pitié se rendent compte que l'un d'entre eux est une balance. Mais lequel ?

**** C'était avec son premier chef d'œuvre que Tarantino chamboulait totalement les règles du film noir.
Un braquage calculé au millimètre près, à priori simple et sans risque qui se transforme en un véritable bain de sang.Que s'est il passé, pourquoi les flics étaient déjà sur place, et bien sur, qui est la balance???
Tous les ingrédients qui feront le succès du géni qu'est Tarantino sont réunis pour notre plus grand plaisir: dialogues drôles et originaux, scène de violence pure et simple, morale absente, humour bien noir et répliques cultes.

On remarque tout d'abord le casting impressionnant: Harvey Keitel, un acteur immense qui comme d'habitude exécute une prestation sans faille, Michael Madsen, tout bonnement incroyable, Steve Buscemi, totalement génial, et Tim Roth, tout aussi excellent.
La réalisation est des plus simple, Reservoir Dogs se rapproche plus du film amateur que de l'incroyable Kill Bill, qui a bénéficié d'une réalisation hallucinante. Mais c'est cette simplicité qui fait tout le charme du film. C'est simple mais rudement efficace! Il en est de même pour les décos, d'une simplicité excessive étant donné que le film se déroule principalement dans une seule et même pièce: un hangar qui sert aux truands de point de rendez-vous.

Et quelle plaisir de découvrir, ou redécouvrir, les scènes cultes typiquement Tarantinesque comme la légendaire scène du coupage d'oreille. Un grand moment, incroyablement jubilatoire. On retrouve un grand nombre de répliques également cultes, hilarantes « Ah c'est la grande tristesse quand un pauvre gars entre en prison avec la peau blanche et qu'il en ressort en parlant nègre, tu sais pourquoi ? C'est à cause de tous ses paquets de sperme de black que tu t'es fait pomper dans l'cul, ça t'est monté au cerveau et tu recraches par la bouche! »
Beaucoup de questions hantent le spectateur, intrigué jusqu'à la fin de l'histoire, se creusant la tête pour découvrir qui est la balance. On commence à apercevoir les influences de Tarantino, comme le western, notamment en ce qui concerne la relation entre Mr White et Mr Orange, très proche de l'amour fraternel. Un bon aperçu de ce qui suivra.

Reservoir Dogs est le premier chef d'œuvre d'un géni du cinéma qui réalisera une carrière parfaite. Un très grand moment de cinéma.

# Posté le vendredi 13 octobre 2006 15:47

Modifié le lundi 27 novembre 2006 15:16

Delicatessen

Delicatessen
*Delicatessen (1991)


Réalisé par Jean Pierre Jeunet et Marc Caro.
Avec Dominique Pinon, Pascal Benezech, Marie-Laure Dougnac, Jean-Claude Dreyfus...
Film français.
Durée: 1h37

Un vieil homme sur un terrain vague en des temps difficiles. A l'enseigne Delicatessen, le boucher procure une viande qui provient on ne sait d'où. Et comme, parfois, un locataire disparaît... Louison, clown au chômage, devient l'homme à tout faire des lieux : réparateur de tuyaux ou de sommiers bruyants ou amuseur des enfants. Virtuose de la scie musicale, il plaît à Julie, violoncelliste, la fille du boucher...

**** Attention, vous êtes sur le point de vivre une expérience cinématographique unique!
Delicatessen plonge le spectateur dans une ambiance sombre, un monde à part, inquiétant et poétique. Ce qui saute aux yeux, c'est bien sure la mise en scène, sublime et glauque à la fois, qui marque les bases d'un univers qui sera plus ou moins conservé par le réalisateur durant toute sa filmographie: des couleurs ternes, avec une certaine prédominance pour le rouge, de vielles ruelles, des lieux inquiétants... Le lieu tout comme l'époque demeurent inconnu durant tout le film, renforçant le côté étrange de cette fable déjantée.

Dans cet univers troublant évoluent des personnages décalés, interprétés par des grandes gueules du cinéma français: Dominique Pinon incroyablement attachant, Marie-Laure Dougnac dégage un charme impressionnant et surtout Jean-Claude Dreyfus éblouissant dans le rôle du boucher sadique...

Les personnages vont et viennent dans la ville, qui semble se limiter à un immeuble à l'enseigne Delicatessen, et on peut facilement comprendre qu'il n'y a pas vraiment d'ailleurs, ou alors qu'il est inaccessible.
On sait tout de suite, dès le générique de début, d'une incroyable beauté, que Delicatessen n'a pas de semblable et que l'on ne s'apprête pas à voir n'importe quel film mais bel et bien un véritable ovni, une œuvre d'une incroyable beauté, conservant constamment son côté poétique.

L'humour est tout de même présent, noir et cynique, et même si le thème principal, à savoir le cannibalisme, n'est pas des plus gais, le duo réussit le pari difficile d'introduire des gags originaux et drôles, rendant ainsi le tout d'autant plus ironique.
On retrouve de nombreuses scènes cultes, comme celle de la réparation du sommier, genre de gag typique de l'univers de Jeunet...très rafraîchissant.

Les musiques accentuent la sensation de malaise constamment présente: douces, légères, envoûtante, on est plongé de plein pieds dans ce monde sauvage, qui pour les habitants de l'immeuble est synonyme de quotidien. On est alors les témoins de l'importance de la folie de chaque personnages, guidés par la faim et qui n'obéissent plus qu'à leur besoin premier: se nourrir.

On peut le dire, Delicatessen débarque tout droit d'une autre planète. Un très grand film d'un duo qui n'a pas fini de nous épater.

# Posté le vendredi 13 octobre 2006 19:57

Modifié le lundi 27 novembre 2006 15:17

Usual Suspects

Usual Suspects
*Usual Suspects (1995)


Réalisé par Bryan Singer.
Avec Gabriel Byrne, Kevin Spacey, Benicio Del Toro, Stephen Baldwin...
Film américain.
Durée: 1h48

Un massacre a été perpétré dans le port de Long Beach. Un petit malfrat minable raconte à la police comment une simple garde à vue et la rencontre de cinq "pros" ont provoqué la mort de 37 personnes pour mettre la main sur 91 millions de dollars de cocaïne... qui n'était pas là. Et qui es le mystérieux Kaiser Sozé?

**** Usual Suspects est certainement le plus grand film policier de ces dix dernières années. Son scénario en béton armé, son ambiance grandiose et son casting de rêve sont là pour en témoigner. En effet, le scénario de ce chef d'œuvre est un des meilleurs jamais écrit, jouant avec les nerfs et la patience du spectateur, bourré de rebondissement... On n'avait pas vu ça depuis Hitchcock! La principale intrigue, celle du légendaire Kaiser Zosé, est tout simplement passionnante : inquiétante, obsédante, semée d'embûches et bourrée de rebondissement, l'histoire tient parfaitement la route jusqu'à la fin. Et quelle fin !!! Totalement renversante!

Le casting est plus qu'impressionnant: un Kevin Spacey très en forme qui nous offre une performance d'acteur puissante et efficace en interprétant le rôle de l'infirme « torturé » par la police. Benicio Del Toro excellent comme d'habitude en truand distingué et Stephen Baldwin très convaincant, déjanté et un peu psychopathe sur les bords.
L'ambiance est magistrale, ponctuée par une musique magnifique qui rajoute beaucoup de mystère à l'intrigue.

Usual Suspects est un vrai chef d'œuvre de suspens et de mystère avec des acteurs géniaux, une excellente mise en scène, une ambiance hallucinante et un scénario à couper le souffle...
Bref, Bryan Singer signe un très grand chef d'œuvre.

# Posté le vendredi 13 octobre 2006 20:16

Modifié le lundi 27 novembre 2006 15:18

La Colline A Des Yeux

La Colline A Des Yeux
*La Colline A Des Yeux (2006)

-16 ans
Réalisé par Alexandre Aja.
Avec Aaron Stanford, Dan Byrd, Emilie de Ravin, Ted Levine...
Titre original: The Hills Have Eyes
Film franco-américain.
Durée: 1h43

Ce n'est pas un hasard si la famille Carter est tombée en panne en plein désert, les quatres pneus crevés. Encore moins si Big Bob et la chienne Beauty ont disparu. Quelque chose est ici dans ces foutues collines. Quelque chose qui est bien décidé à tuer les Carter jusqu'au dernier...

*** Le fantastique fait sa révolution.
Alexandre Aja, maître français du film gore, s'exporte cette fois à Hollywood pour nous offrir un remake de La Colline A Des Yeux, film d'horreur réalisé par le grand Wes Craven sortie en 1977. Alors que certains se méfieront du mot remake, les plus curieux se laisseront entraîner avec la famille Carter dans ce désert apocalyptique.

En effet, La Colline A Des Yeux est loin d'être un film comme les autres, mais belle et bien un une petite révolution, violente et poétique qui laisse un goût de sang sur la langue. On suit la famille dans ce désert, et tout se passe plutôt bien jusqu'à ce qu'un pompiste leur conseille de passer par une route non goudronnée qui n'apparaît même pas sur les carte. Et le cauchemar commence... Il ne se passe pas grand-chose pendant la première demi heure, les phases de suspens se limitent à quelques petits sursauts classiques mais efficaces qui ont pour but de nous plonger peu à peu dans l'ambiance. Et c'est alors que les scènes gores s'enchaînent non stop: entre le chien retrouvé avec le ventre ouvert, le père incinéré vivant, la mère et la sœur tuées...un vrai festival d'hémoglobine, ultra stressant et bougrement efficace.

Mais quand Doug part à la recherche de sa fille et découvre la ville de ceux qui sont responsables de ce carnage, une incroyable quête de vengeance commence alors...et il devra faire face à des situations plus insoutenables les unes que les autres: il est enfermé dans un congélateur rempli de cadavres, roué de coups par les différents membres de la ville... On ne peut qu'être abasourdi devant la puissance de l'action, renforcée par une réalisation hallucinante. On prend un pied monstrueux à voir Doug réduire en bouillie tous les habitants à coup de pioche, de fusil... Du très beau travail! On reste accroché à son fauteuil jusqu'à la fin, et quelle fin!!! Belle et poétique, elle donne des frissons dans le dos et même si on observe quelques petits détails énervants (comme dans tous les films du genre, le héro, pensant que son ennemi est mort, laisse tomber son arme juste à côté de lui, mais ce dernier fini toujours par se relever et attraper l'arme), on ne peut que se laisser surprendre par la beauté des images. On regrettera juste le happy end typiquement américain...

La mise en scène est particulièrement intéressante: alors que les films d'horreur classiques se déroulent d'habitude dans des endroits clos, l'action se déroule dans un immense désert au charme incroyable. Le scénario, même s'il souffre de quelques petites lacunes, reste rudement efficace. L'ambiance générale nous immerge dans un univers terrifiant, et même si un grand nombre de scènes d'horreur se passent de jour, on ne peut qu'être soufflé devant une telle puissance, une violence agressive et jubilatoire.

La Colline A Des Yeux marque un tournant dans l'histoire du film fantastique, ravira les petits jeunes comme les plus nostalgiques. Un véritable réussite, un grand moment de frisson.

16/20

# Posté le samedi 14 octobre 2006 05:43

Modifié le lundi 27 novembre 2006 15:19

La Vie Est Belle

La Vie Est Belle
*La Vie Est Belle (1998)


Réalisé par Roberto Benigni.
Avec Roberto Benigni, Nicoletta Braschi, Giorgio Cantarini, Pietro De Silva...
Titre original: La Vita e bella
Film italien.
Durée: 1h57

En 1938, Guido, jeune homme plein de gaieté, rêve d'ouvrir une librairie, malgré les tracasseries de l'administration fasciste. Il tombe amoureux de Dora, institutrice étouffée par le conformisme familial et l'enlève le jour de ses fiançailles avec un bureaucrate du régime. Cinq ans plus tard, Guido et Dora ont un fils: Giosue. Mais les lois raciales sont entrées en vigueur et Guido est juif. Il est alors déporté avec son fils. Par amour pour eux, Dora monte de son plein gré dans le train qui les emmène aux camps de la mort où Guido ve tout faire pour éviter l'horreur à son fils...

**** Préparez vos mouchoirs, La Vie Est Belle est une vraie petite merveille.
Le film raconte l'histoire bouleversante de Guido, un jeune juif, et de sa famille, sa femme Dora et leur fils Giosue, tous les trois déportés dans un camp de la mort.
Guido apparaît au départ comme un personnage terriblement attachant, drôle et émouvant, débordant d'énergie et totalement sous le charme de la belle Dora dès qu'il la voit. Peu à peu, cette magnifique histoire d'amour se concrétise et Giosue est le fruit de leur amour (ce môme est adorable).

Roberto Benigni est bel et bien l'un des plus grands réalisateurs italiens qui soit, un très bon scénariste et un excellent acteur. Guido tente, une fois déporté avec son fils, de dissimuler tout ce qui arrive à ce dernier pour ne pas lui faire peur, pour lui épargner l'horreur de la situation. Le thème de la shoah est donc abordé d'une façon très originale, qui parvient bizarrement à nous faire sourire.

Récompensé à mainte reprise, notamment par le grand prix du jury de Cannes, et on comprend vite pourquoi. La Vie Est Belle est une fable émouvante et drôle, aux personnages très attachants et à la mise en scène très soignée. Un vrai joyau.

# Posté le samedi 14 octobre 2006 08:20

Modifié le lundi 27 novembre 2006 15:20