Orange Mécanique

Orange Mécanique
*Orange Mécanique (1971)

-16 ans
Réalisé par Stanley Kubrick.
Avec Malcolm McDowell, Patrick Magee, Michael Bates...
Titre original: A clockwork orange
Film américain.
Durée: 2h16

Au XXIème siècle, ou règnent la violence et le sexe, Alex, jeune chef de bande, exerce avec sadisme une terreur aveugle. Après son emprisonnement, des psychanalystes l'emploient comme cobaye dans des expériences destinées à juguler la criminalité...

**** Lors de sa sortie en 1971, Orange Mécanique provoqua une importante polémique aux Etats-Unis et fut retiré des salles britanniques par son réalisateur après que ce dernier reçut des menaces. En effet, l'histoire du terrifiant Alex de Large est certainement la plus malsaine de toute l'histoire du cinéma.

Alex, un garçon beau et intelligent passionné pour la musique et principalement pour Beethoven, est le chef d'une bande de hooligans et adepte de l'ultra violence. Avec ses droogies (amis dans l'argot anglo-russe employé par la bande), il vole, viole, tue pour son simple plaisir... Kubrick offre sa vision d'une jeunesse future obsédée par le sexe et la violence. Certes, aujourd'hui, près de quarante ans après la sortie du films, les scènes dites d'ultra violence sont loin d'être insoutenables vu les films gores sortant aujourd'hui, mais la morale est toujours aussi dérangeante.
Après avoir été trahi par sa bande, Alex est se retrouve derrière les barreaux et finira par être le cobaye d'une expérience appelée le plan Ludovico, destiné à juguler la criminalité. Il n'apparaît alors plus comme un coupable mais comme une victime d'un gouvernement n'hésitant pas à utiliser la violence pour guérir la violence.

Kubrick réalise de cette manière la critique d'une société totalitaire transformant des hommes en machines, incapables de réagir par eux même. Alex, après le traitement, n'est donc plus capable d'avoir recours à la violence, n'est plus capable de se défendre en cas d'agression. Cette satire amère d'un gouvernement aux méthodes violentes est certainement l'aspect le plus dérangeant de l'½uvre de Kubrick.

Le personnage d'Alex, magnifiquement interprété par Malcolm McDowell, est au début du film terrifiant de méchanceté et d'inhumanité, prenant énormément de plaisir à tuer et violer ses victimes. La musique est là pour rajouter ce côté dérangeant et contradictoire qui fait toute la force du film: Alex, tout en frappant un vieillard avant de violer sa femme, chante la chanson I'm Singing In The Rain, musique gaie et légère très en contradiction avec la scène. Cette contradiction s'applique encore lorsque Alex et ses droogies se battent contre une bande rivale, le tout bercé par de la musique classique...
Les différents acteurs exécutent des performances d'acteurs incroyables: on retiendra bien sure celle de Malcolm McDowell étant considéré comme le meilleur acteur qui soit après avoir interprété le rôle d'Alex, un rôle taillé sur mesure pour un acteur hallucinant de charisme, mais aussi celle Patrick Magee, imitant une crise incroyable de réalisme.

Loin d'être un simple concentré de violence gratuite comme le diront certainement, Orange Mécanique est une ½uvre terriblement intelligente et extrêmement lucide, sombre et futuriste, un simple chef d'oeuvre du moment que le spectateur se plonge dans l'ambiance glauque et malsaines crée par le maître qu'était Kubrick. Un de ses plus grands chefs d'oeuvre.

# Posté le dimanche 15 octobre 2006 14:43

Modifié le lundi 27 novembre 2006 15:24

La Cité Des Enfants Perdus

La Cité Des Enfants Perdus
*La Cité Des Enfants Perdus (1994)


Réalisé par Jean Pierre Jeunet et Marc Caro.
Avec Ron Perlman, Judith Vittet, Daniel Emilfork...
Film français.
Durée: 1h52

Vivant sur une plate-forme en mer, perdu dans le brouillard, au-delà d'un champ de mines, le vieux Krank, privé de la faculté de rêver, fait enlever les enfants perdus de la cité portuaire afin de leur voler leurs rêves. Parmi eux : Denrée, petit frère adoptif de One, saltimbanque à gros bras, qui est déterminée à le retrouver coûte que coûte...

**** Trois ans après le très réussi Delicatessen, le duo Jeunet et Caro est de retour avec La Cité Des Enfants Perdus, une expérience cinématographique largement à la hauteur de son prédécesseur.

Encore une fois, un travail extraordinaire a été réalisé en ce qui concerne la mise en scène: toujours aussi travaillée, sombre et mystérieuse, aux couleurs ternes avec cette fois une prédominance certaine pour le vert. On ne peut qu'être fasciné par le scénario incroyable concocté par les deux compères et on tombe rapidement fou amoureux de l'ambiance générale du film, à la fois sordide et poétique.

Les acteurs sont incroyables et restent approximativement les mêmes que ceux de Delicatessen: on retrouve Dominique Pinon, acteur fétiche de Jeunet et toujours aussi génial, Jean-Claude Dreyfus est terriblement attachant... Et on découvre avec grand plaisir une nouvelle fournée d'acteurs tout aussi géniaux: Ron Perlman sait se rendre attachant et drôle, Daniel Emilfork est impressionnant et a une tête incroyable et Geneviève Brunet réalise également une prestation des plus belles. Les nombreux enfants présents sont tout à fait convaincants.

L'humour est bien présent et certaines scènes sont particulièrement drôles, comme l'excellente scène de "Petit papa Noël".
Les musiques sont la pour rendre l'ambiance encore plus étrange et inquiétante qu'elle ne l'est déjà et pour renforcer le côté glauque omniprésent. On aime l'univers du duo ou on ne l'aime pas...

Bref, Jeunet et Caro ont réussi le pari difficile de faire aussi bien que le très réussi Delicatessen. La découvert (ou redécouverte) d'un genre cinématographique à part, débarquant tout droit d'une autre planète.

# Posté le lundi 16 octobre 2006 13:28

Modifié le lundi 27 novembre 2006 15:25

Trainspotting

Trainspotting
*Trainspotting (1996)

-16 ans
Réalisé par Danny Boyle.
Avec Ewan McGregor, Ewan Bremner, Jonny Lee Miller, Robert Carlyle...
Film anglais.
Durée: 1h33

Les aventures tragi-comiques de Mark Renton, junkie d'Edimbourg, qui va tenter de se séparer de sa bande de copains, losers, menteurs, psychopathes et voleurs.

**** Comment parler de Trainspotting sans dire qu'il s'agit bel et bien d'un des plus grands chefs d'½uvre du cinéma anglais. Contrairement aux autres films du genre et leur message moralisateur, Trainspotting est un film d'une originalité flamboyante, à l'humour débordant sans pour autant être dépourvu d'un aspect dramatique.
Quand Renton décide d'arrêter l'héro, il se mettra à voir la vie différemment, avec un ½il neuf, et posera un regard lucide sur la déchéance de son groupe d'ami. Entre le camé fan de Sean Connery qui a toujours des théories douteuses sur la vie, l'alcoolo psychopathe, le punk hyperactif...bref, une belle bande de marginaux plus fêlés les uns que les autres qui arpentent les ruelles sombres de l'Edimbourg glauque des années 90. Trainspotting permet à Ewan McGregor de prouver l'étendue de son talent et le rôle de Renton le révèlera au grand public. Ewen Bremner est également génial mais la palme revient tout de même à Robert Carlyle, tout simplement incoyable dans le rôle de Begbie, un alcoolique notoire et ultra violent. Une fois son sevrage commencé, Renton est victimes des pires souffrances dues au manque, a des hallucinations cauchemardesques... Danny Boyle choisit de démontrer d'une façon très claire le plaisir ressenti par les consommateurs d'héroïne, ce qui lui aura valu d'être qualifié de provocateur.

Trainspotting se démarque par son humour transcendant, son absence de morale et sa façon très personnelle de présenter l'univers de la drogue. Alors qu'il est d'usage dans les films du genre de présenter le monde des drogués comme sombre, terrifiant, repoussant, les décors de Trainspotting se veulent funs et colorés, même si quelque peu sordides. Le film dérange par sa façon quasi-apologique de définir la drogue et ses utilisateurs. En effet, l'absence d'une fin moralisatrice pourrait être interprété par certain comme une publicité pour l'héroïne. Il n'en est rien, et traduire Trainspotting de cette façon se résumerait à mal interpréter tout le géni de Danny Boyle. Malgré ses scènes choc, on retiendra de nombreuses scènes hilarantes, comme la scène au combien culte des draps de Spudd. A noter également l'inoubliable scènes des pires chiottes d'Edimbourg (photo), un moment grandiose et psychédélique...
La réalisation reste efficace, bien qu'excessivement simple, n'en fait jamais trop et reste dans l'ensemble très agréable, bien que évidemment moins impressionnante que celle de l'excellent Requiem For A Dream. Musicalement, tout est bon: Iggy Pop, Lou Reed, Brian Eno...que du grand son, des titres mythiques que l'on redécouvre avec un très grand plaisir.

En résumé, Trainspotting est un film qui a marqué l'histoire. Drôle, provocateur et parfois choc, le chef d'½uvre du réalisateur de Petit Meurtre Entre Amis tape là ou ça fait mal et reste le film le plus intéressant sur la génération post-rock. Indispensable.

18/20

# Posté le lundi 16 octobre 2006 13:40

Modifié le lundi 27 novembre 2006 15:26

Le Terminal

Le Terminal
*Le Terminal (2004)


Réalisé par Steven Spielberg.
Avec Tom Hanks, Catherine Zeta-Jones, Stanley Tucci, Chi McBride...
Titre original: The Terminal
Film américain.
Durée: 2h08

Viktor Navorski est l'un de ces milliers de touristes, venus des quatre coins du monde, qui débarquent chaque jour à l'Aéroport JFK de New York. Mais, à quelques heures de son arrivée, voilà qu'un coup d'État bouleverse sa petite république d'Europe Centrale, mettant celle-ci au ban des nations et faisant de Viktor... un apatride. Les portes de l'Amérique se ferment devant lui, alors même que se bouclent les frontières de son pays : Viktor est bel et bien coincé...

**** Le Terminal est tiré de l'histoire vraie de Mehran Karimi Nasseri, un réfugié iranien vivant dans l'aéroport Charles de Gaulle depuis l'année 1988.
Adapter cette histoire incroyable sur grand écran était une brillante idée et c'est d'ailleurs ce qu'on se dit pendant la première demi-heure...mais c'est après que tout se gâte!
Tom Hanks est excellent et on se laisse facilement attendrir par son côté naïf et ignorant. Les quelques gags sont relativement drôles et le scénario tient plutôt bien la route mais l'arrivée de Catherine Zeta-Jones vient noircir le tableau... La petite amourette entre les deux personnages aurait été largement dispensable et le choix d'une autre actrice aurait été de rigueur.Très vite, le film tourne en rond et Tom Hanks devient le héro de l'aéroport (mwais...). Et pourquoi tant de haine envers lui de la part de Frank Dixon, le dirigeant de l'aéroport... On retiendra aussi certaines absurdités comme le fait qu'un technicien de surface arrête un avion prêt à décoller à l'aide d'un balai...(à moins que j'ai mal compris).

Le Terminal est donc une petite comédie finalement très moyenne, mais reste une distraction correcte. Sympa, mais sans plus.

# Posté le lundi 16 octobre 2006 14:28

Modifié le lundi 27 novembre 2006 15:27

Snatch

Snatch
*Snatch (2000)


Réalisé par Guy Ritchie.
Avec Dennis Farina, Jason Statham, Brad Pitt, Vinnie Jones...
Film américano-britanique.
Durée: 1h43

Franky doit livrer à Avi, un mafieux new-yorkais, un énorme diamant qu'il vient de voler. Faisant escale à Londres, il parie sur un combat de boxe clandestin, influencé par Boris. Bien entendu, c'est un coup monté par Vinny et Sol dans le but de le soulager du petit minéral... Turkish et Tommy ont, de leur côté, un petit problème avec leur boxeur, un gitan fêlé qui refuse de se coucher... Avi arrive enfin à récupérer son diamant, aidé par Tony, un tueur aux méthodes expéditives ...

**** Guy Ritchie est décidemment un maître de l'humour noir.Après le génialissime Arnaques, Crimes et Botanique, le réalisateur british nous revient, toujours aussi drôle, toujours aussi déjanté...

Un peu à la manière de Pulp Fiction, Snatch raconte l'histoire de plusieurs personnages qui finiront par se rencontrer, et leur rencontre sera musclée! D'un côté, Turkish et Tommy, deux organisateurs de tournois de boxe clandestine se voient contraints d'engager Mickey, un manouche fêlé et incompréhensible... D'un autre, Franky 4 doigts doit livrer un diamant de 84 carats mais tombe dans un guêpier mis au point par un russe légendaire... Bref, autant de personnages délirants et décalés interprétés par des acteurs, certes pas tous connus, mais qui se révèlent totalement géniaux. Pour son deuxième long métrage, Guy Ritchie s'est payé le luxe de donner la réplique à des acteurs confirmés comme Brad Pitt, incroyable dans le rôle du manouche, et le monumental Benicio Del Toro. On appréciera également la bonne prestation de Jason Statham qui prouve qu'il est un bon acteur quand il ne joue pas dans Le Transporteur...

Les personnages sont malsains, sadiques, dangereux, mais c'est ce qui les rend irrésistiblement drôles. Tête de Brique, interprété par l'excellent Alan Ford, est certainement le personnage le plus repoussant mais le plus drôle aussi, un barjot qui file des cadavres à manger aux cochons... Guy Ritchie se moque gentiment des anglais « fish, chips, tasse de thé, bouffe dégueu, temps de merde, Mary Poppins de mes deux, Londres! », des manouches, des juifs, des russes « des russes, des saloperies de cosak antisémites »...mais toujours sans méchanceté aucune, en conservant constamment cet humour très british qui, certes ne plaira pas à tout le monde, mais que les fans du genre apprécieront énormément.

Guy Ritchie nous prouve l'immense étendu de son talent et Snatch est doté d'une réalisation exemplaire. On remarque une véritable évolution depuis Arnaques, Crimes et Botanique, la réalisation est plus fluide, on le sent beaucoup plus à l'aise, se permet quelques innovations qui frisent le géni. Et on a droit à un sacré paquet de répliques qui, cela semble évident, deviendront méga cultes, si ce n'est pas déjà le cas : « Mais c'est pas une boite de p'tits poids Avi, Comment tu veux que je l'ouvre ?! ». Tous plus hilarantes les unes que les autres.

Je crois que c'est clair, Snatch est un très bon film, encore plus drôle et décalé que Arnaques, Crimes et Botanique. Un excellent moment.

# Posté le mardi 17 octobre 2006 06:56

Modifié le lundi 27 novembre 2006 15:27