La Cité De Dieu

La Cité De Dieu
*La Cité De Dieu (2002)

-16 ans
Réalisé par Fernando Meirelles.
Avec Matheus Nachtergaele, Seu Jorge, Alexandre Rodrigues...
Titre original: Cidade de deus
Film brésilien.
Durée: 2h15

La cité de Dieu. Une favela de Rio de Janeiro des années soixante. Buscape, un gamin noir, pauvre et trop fragile se protège de la violence dans laquelle il grandit en la regardant à travers l'objectif de son appareil photo. De son côté, Petit Dé, onze ans, souhaite devenir le plus grand criminel de Rio. Pour cela, il commence en rendant de menus services à la pègre locale. Jusqu'au jour où on lui donne l'occasion de tuer pour la première fois...

**** Si Scorsese était brésilien, il aurait réalisé La Cité De Dieu!
Film choc, le chef d'½uvre de Fernando Meirelles rencontra un grand succès au Brésil et fut maintes fois couronné dans de nombreux festivals, en France comme à l'étranger.
Buscape, un môme noir d'un dizaine d'année vivant dans une favela défavorisé de Rio analyse la violence à laquelle il est confronté quotidiennement avec intelligence, avec l'½il de l'artiste. Son rêve, devenir photographe, et surtout, foutre le camp de la Cité de Dieu. Petit Zé, lui, veut être le king, le caïd de la cité, et sent une jubilation immesurable quand il tient pour la première fois un flingue entre ses doigts. Tous les deux sont très différents, mais ils connaissent la même routine, sont tous les deux témoins de la même violence, mais la vivent d'une façon différente.

Violent, réaliste, lucide, puissant et émouvant, voilà comment pourrait se résumer le chef d'½uvre de Meirelles. En effet, le film contient un sacré lot de scènes choc, ce qui le propulse au rang des films coup de poing. Mais contrairement à beaucoup de films de la même catégorie, La Cité De Dieu ne fait que retransmettre à l'écran une réalité qui a trop tendance à se faire oublier. Buscape, magnifiquement interprété par le très prometteur Matheus Nachtergaele, est un personnage incroyable de sincérité, un gosse drôle et intelligent dans un monde de brutes sanguinaires. Rejetant le violence, il tente de survivre dans un monde ou se croisent dealers et gangsters et ou les guerres de gangs sont fréquentes. Mais il finit par se rendre à l'évidence, dans la cité de Dieu, la seule façon de survivre, c'est d'en partir...

Le spectateur reste accroché à son fauteuil du début à la fin et le film de Meirelles retranscrit à la perfection l'ambiance du livre de Paulo Lins dont il est tiré. Mais, loin d'être une simple adaptation, le long métrage innove dans sa façon très personnelle de présenter chaque évènement. La réalisation est un monument à elle tout seule, rappelle celle d'un certain Quentin Tarantino et s'avère d'une puissance et d'une fluidité hors du commun. Les musiques sont sublimes, très typiques et rajoutent beaucoup de piment ou d'émotion, notamment dans la scène de la mort de Cabellera, qui donne des frissons dans le dos. La Cité De Dieu innove également dans sa façon de présenter chaque personnage de façon très personnelle, qu'ils soient bons ou mauvais. Ainsi, la présentation des personnages ne se résume pas à «lui il est gentil, lui il est méchant» mais fait apparaître dans chaque protagoniste un sincérité et une sensibilité qu'on aurait pas soupçonné.

La violence est la caractéristique prédominante du film: entre steak-fritte, un gosse d'une dizaine d'année, à qui le Petit Zé dit de tuer un gosse au hasard, le viol de la femme de Manu, très suggéré mais pourtant terrifiant...sans parler de la mort de Zé, incroyable de puissance. Le scénario est passionnant, bourré de rebondissements et extrêmement bien mené. On ne s'ennuie jamais et l'histoire ne souffre d'aucune lacune. C'est long, efficace et parfaitement mis en scène.
En résumé, La Cité De Dieu est un chef d'½uvre d'une efficacité redoutable réalisé d'une main de maître par le très prometteur Fernando Meirelles. Du très grand cinéma.

19/20

# Posté le mardi 17 octobre 2006 13:26

Modifié le lundi 27 novembre 2006 15:28

Le Dîner De Cons

Le Dîner De Cons
*Le Dîner De Cons (1998)


Réalisé par Francis Veber.
Avec Thierry Lhermitte, Jacques Villeret, Francis Huster, Daniel Prévost...
Film français.
Durée: 1h20

Tous les mercredis, Pierre Brochant et ses amis organisent un dîner où chacun doit amener un con. Celui qui a trouvé le plus spectaculaire est déclaré vainqueur. Ce soir, Brochant exulte, il est sur d'avoir trouvé la perle rare, un con de classe mondiale: Francois Pignon, comptable au ministère des Finances et passionné de modèles réduits en allumettes. Ce qu'il ignore c'est que Pignon est passe maître dans l'art de déclencher des catastrophes.

**** Certes très simple, Le Dîner De Cons est un film culte et bougrement efficace. Faisant partie des comédies les plus appréciées par les français, le film nous raconte l'histoire de Pierre Brochant, un éditeur, qui aura le malheur de croiser un certain François Pignon sur sa route et qui commettra la grosse erreur de le prendre pour un con...mais pas assez!
Oui, on rit énormément dans Le Dîner De Cons: les gags s'enchaînent, plus loufoques les uns que les autres, les acteurs sont extraordinaires le scénario est bien écrit... Le duo Lhermitte-Villeret est très efficace et la simplicité du film lui donne beaucoup de charme. En effet, la quasi-totalité du film se déroule dans l'appartement de Brochant, ce qui rend le tout très théâtral. Mais c'est bien sûr avant tout par ses gags et ses répliques que le film est culte. On assiste à une sacrée ribambelle de situations hilarantes, et les répliques ne sont pas en reste. Les acteurs collent parfaitement à leur personnage, sont tous drôles et convaincants et Villeret est forcément attachant dans son rôle de con (non, pas de vilain jeu de mot !!!).
Le Dîner De Cons est un film sans prétentions mais terriblement drôle, une des meilleurs comédies française des années 90. Un excellent moment.

# Posté le mardi 17 octobre 2006 14:08

Modifié le lundi 27 novembre 2006 15:29

Le Projet Blair Witch

Le Projet Blair Witch
*Le Projet Blair Witch (1999)

-12 ans
Réalisé par Daniel Myrick et Eduardo Sanchez.
Avec Heather Donahue, Michael C. Williams, Joshua Leonard...
Titre original: The Blair Witch Project
Film américain.
Durée: 1h27

En octobre 1994, trois jeunes cinéastes, Heather Donahue, Joshua Leonard et Michael Williams, disparaissent en randonnée dans la forêt de Black Hill au cours d'un reportage sur la sorcellerie. Un an plus tard, on a retrouve le film de leur enquête. Le Projet Blair Witch suit l'itinéraire éprouvant des trois cinéastes a travers la foret de Black Hills et rend compte des évènements terrifiants qui s'y sont déroules. A ce jour, les trois cinéastes sont toujours portes disparus.

**** Alors que ceux qui aiment les films d'horreur traditionnels s'ennuieront terriblement, les plus naïfs seront terrifiés à l'idée qu'il s'agit d'un vrai documentaire... Mais pas d'inquiétude, vous êtes bel et bien devant un film...c'est du cinéma quoi!
Le Projet Blair Witch innove par sa réalisation: filmé caméra à l'épaule, à la façon d'un documentaire amateur, un peu à la façon d'un certain Cannibal Holocaust.

De cette façon, la peur est ressentie plus intensément, elle est plus profonde et plus personnelle, on vit réellement chaque scène à 100% et on en arrive à entendre Josh hurler au fond de son salon... Le Projet Blair Witch est un film terrifiant, donne des frissons et met mal à l'aise alors qu'on ne voit rien ou presque: les réalisateurs courent, la caméra valdingue dans tous les sens, et ils sont bien trop terrifiés pour filmer ce qu'ils voient. Le doute est la caractéristique dominante du film: on ne sait pas qui ou quoi réside dans cette forêt, mais une chose est sure, l'équipe n'est pas la bienvenue...

Ici, pas de musiques effrayantes pour renforcer l'ambiance, juste des cris, des bruits de respiration, des bruits de pas... on vit vraiment cette expérience terrifiante aux côtés des acteurs, et on a aussi peu qu'eux. Les acteurs sont d'ailleurs très convaincants, vivent des moments de détresse et de désespoir, et on les vit avec eux...

Un film intéressant, une expérience unique. Original et terrifiant.

# Posté le mardi 17 octobre 2006 15:14

Modifié le lundi 27 novembre 2006 15:41

Taxi Driver

Taxi Driver
CHEF D'OEUVRE ULTIME
*Taxi Driver (1976)

-16 ans
Réalisé par Martin Scorsese.
Avec Robert De Niro, Jodie Foster, Harvey Keitel, Cybill Shepherd...
Film américain.
Durée: 1h55

Vétéran de la Guerre du Vietnam, Travis Bickle est chauffeur de taxi dans la ville de New York. Ses rencontres nocturnes et la violence quotidienne dont il est témoin lui font peu à peu perdre la tête. Il se charge bientôt de délivrer une prostituée mineure de ses souteneurs.

**** Taxi Driver est une expérience unique que tout cinéphile digne de ce nom doit avoir vécu au moins une fois. Le chef d'½uvre de Martin Scorsese nous plonge dans un New York sombre, ou s'entrecroisent dealers, prostituées, macs...une Amérique rongée de l'intérieur vue par un ancien vétéran de la guerre du Vietnam à travers le par brise de son taxi. Il constate avec haine toute cette «racaille» qu'il veut voire disparaître. Travis se ballade dans les rues de New York, remplie de mépris et poursuivi par une solitude qui ne l'a jamais quitté, s'enfonçant peu à peu dans les méandres de la folie, et ce n'est que quand il décidera de délivrer une jeune prostituée de ses souteneurs qu'il trouvera un sens à sa vie. Une chose est sure, le scénario de ce Taxi Driver est une petite merveille, auquel s'ajoute une réalisation à la limite de l'innimaginable. Scorsese dirige sa caméra d'une main de maître, expérimente des nouvelles techniques de mise en scène qui se révèlent d'une efficacité renversante...bref, c'est du jamais vu, le résultat est splendide!

Travis Bickle restera un des personnages les plus charismatiques et surtout les plus passionnants de l'histoire du cinéma. Mais on est bien évidemment en droit de se poser un question majeure: Robert De Niro est-il à la hauteur de son personnage? Sans l'ombre d'un doute! De Niro était en effet l'acteur tout indiqué et réalisait une performance incroyable, certainement la plus impressionnante de sa carrière, et même une des plus belles qui soit! Inoubliable que ce regard amère et glacé entrevue dans le rétroviseur de son taxi. Une folie indescriptible et grandissante qui se lit dans les yeux fatigués de l'ancien marin... A travers le chaos qui règne dans les rues de New York, Travis cherche une place, un rôle à jouer. En transportant ses passagers à travers les rues enfumées de New York, il ne voit que violence, dépravation et désespoir. Une fois la nuit terminée, il tourne en rond entre les quatre murs de son appartement miteux, se confie à son journal et demeure toujours aussi seul. Il recherche le salut dans une ville sombre et profondément traumatisée par la guerre qu'elle vient de subir. L'amour pourrait-il lui faire oublier le malheur et la solitude qui l'habitent? Certainement. Cet amour, Travis pensera l'avoir trouvé en la personne de Betsy, interprétée par la magnifique Cybill Shepherd, une femme dont il tombera amoureux et à qui il voudra tout donner. En manque d'éducation et n'ayant aucune notion de l'amour, ignorant même ce qui fait battre le c½ur de la gente féminine, Travis verra cette relation se détruire après un bref passage dans un cinéma porno, et abandonnera même l'idée d'être aimé, abandon symbolisé par la chute d'une télévision diffusant une série à l'eau de rose. Il travaille douze heures par jour mais ne parvient pas à trouver le sommeil, est confronté quotidiennement à une violence qu'il observe de ses yeux fatigués et remplis de mépris. Quand il se sera procuré une arme, Travis jouera les justiciers, sentira une puissance, une assurance jamais ressentie auparavant. Et c'est en s'adressant à lui-même à travers le miroir de son salon et après quelques séances de «you talkin' to me ?» qu'il sentira la présence d'une force grandissante en lui. Les ravages psychologiques provoqués par la guerre du Vietnam se font aisément ressentir, et Travis appuie sur la gâchette avec une facilité déconcertante. Une sombre quête de justice démarre lorsqu'il fait la rencontre de Iris, prostituée d'une douzaine d'année qu'il s'est mit en tête de libérer, interprétée par une Jodie Foster toute jeune mais déjà tellement douée!
Personnage complexe et complexé, interprété par un Robert De Niro magistral, Travis demeure une figure emblématique et passionnante du septième art. Le tout est bercé par une musique douce, légère et jazzy, une ambiance changeant radicalement en fonction des évènements. Rajoutez à tout ça une réalisation coupée au couteau, des plans du somptueux... bref, une mise en scène à tomber par terre!

Taxi Driver fourmille de détails hallucinants, tant au niveau de son scénario qu'au niveau de sa réalisation qui est une des plus belles jamais mise à l'écran. Mais, quoi qu'on en dise, les mots manquent pour décrire le chef d'½uvre ultime du géni Martin Scorsese. Malgré son grand âge, le film n'a absolument rien perdu, se révèle toujours aussi impressionnant. Ultra complexe mais surtout terriblement intelligent, Taxi Driver est un mythe, un ovni qui fait dans le sensationnel. Même le mot chef d'½uvre semble réducteur tant ce Taxi Driver laisse libre court à des sensations jusque là inconnus, tant des émotions nouvelles se font ressentir. Bref, un énorme chef d'½uvre, culte et inoubliable.

20/20

# Posté le mercredi 18 octobre 2006 11:58

Modifié le lundi 27 novembre 2006 15:40

Rain Man

Rain Man
*Rain Man (1989)


Réalisé par Barry Levinson.
Avec Tom Cruise, Dustin Hoffman, Valeria Golino...
Film américain.
Durée: 2h13

A la mort de son père, Charlie Babbitt, homme d'affaires pressé, hérite d'une vieille Buick qu'il convoitait depuis longtemps mais se voit spolié de quelque trois millions de dollars versés à l'Institution psychiatrique Wallbrook au profit d'un bénéficiaire anonyme. Charlie se rend a Wallbrook et découvre l'heureux bénéficiaire. Il s'agit de Raymond, savant autiste, celui qu'il appelait dans son enfance Rain Man, qui représente ses seuls souvenirs heureux et qui n'est autre que son frère.

**** Rain Man raconte l'histoire de Charlie Babbitt, un homme d'affaire dont la priorité est bien sure son épanouissement personnel, qui apprend que non seulement trois millions de dollars lui sont passés sous le nez, mais en plus qu'il a un frère autiste dont il n'avait jamais entendu parler...

Le rôle de Charlie Babbitt est tenu pas un Tom Cruise très en forme, parfaitement dans son rôle et rudement convaincant. Dustin Hoffman est incroyable dans le rôle de l'autiste, attendrissant et drôle, l'acteur semble s'être déchaîner pour réaliser un performance impressionnante. Le rire laisse parfois place aux larmes dans des scènes émouvantes et remplies de tendresse. Le scénario est intelligent, original et fourmille de bonnes idées, comme la mise en scène qui est totalement splendide. La réalisation a elle aussi bénéficié d'un travail impressionnant et témoigne du grand talent de Barry Levinson en la matière.

Même si Rain Man reste très émouvant, il ne tombe jamais dans le dramatique et n'en fait jamais trop. Malgré l'émotion que procurent certaines scènes, le film sait également être drôle, principalement grâce au jeu de Dustin Hoffman.
On voit peu à peu changer le point de vue de Charlie Babbitt par rapport à son frère: alors qu'au début, Tom Cruise souhaite garder son frère avec lui uniquement pour la coquête somme d'argent qu'il représente, Charlie finira par réellement s'y attacher. Par son égoïsme et à cause de son alter ego surdimensionné, Charlie perd peu à peu l'amour de sa fiancé, interprété par Valeria Golino, qu'il parviendra à reconquérir peu à peu...

Les musiques apportent un vrai plus à cette déjà très histoire, de vieux morceau que l'on redécouvre avec grand plaisir. L'ambiance générale du film est d'ailleurs irréprochable.

Rain Man, malgré ses 17 ans d'age, reste un excellent film avec des acteurs au meilleur de leur forme, un très bon scénario, de l'humour et beaucoup de tendresse. Un très bon film.

# Posté le jeudi 19 octobre 2006 06:23

Modifié le lundi 27 novembre 2006 15:39