-16 ans
Réalisé par Fernando Meirelles.
Avec Matheus Nachtergaele, Seu Jorge, Alexandre Rodrigues...
Titre original: Cidade de deus
Film brésilien.
Durée: 2h15
La cité de Dieu. Une favela de Rio de Janeiro des années soixante. Buscape, un gamin noir, pauvre et trop fragile se protège de la violence dans laquelle il grandit en la regardant à travers l'objectif de son appareil photo. De son côté, Petit Dé, onze ans, souhaite devenir le plus grand criminel de Rio. Pour cela, il commence en rendant de menus services à la pègre locale. Jusqu'au jour où on lui donne l'occasion de tuer pour la première fois...
**** Si Scorsese était brésilien, il aurait réalisé La Cité De Dieu!
Film choc, le chef d'½uvre de Fernando Meirelles rencontra un grand succès au Brésil et fut maintes fois couronné dans de nombreux festivals, en France comme à l'étranger.
Buscape, un môme noir d'un dizaine d'année vivant dans une favela défavorisé de Rio analyse la violence à laquelle il est confronté quotidiennement avec intelligence, avec l'½il de l'artiste. Son rêve, devenir photographe, et surtout, foutre le camp de la Cité de Dieu. Petit Zé, lui, veut être le king, le caïd de la cité, et sent une jubilation immesurable quand il tient pour la première fois un flingue entre ses doigts. Tous les deux sont très différents, mais ils connaissent la même routine, sont tous les deux témoins de la même violence, mais la vivent d'une façon différente.
Violent, réaliste, lucide, puissant et émouvant, voilà comment pourrait se résumer le chef d'½uvre de Meirelles. En effet, le film contient un sacré lot de scènes choc, ce qui le propulse au rang des films coup de poing. Mais contrairement à beaucoup de films de la même catégorie, La Cité De Dieu ne fait que retransmettre à l'écran une réalité qui a trop tendance à se faire oublier. Buscape, magnifiquement interprété par le très prometteur Matheus Nachtergaele, est un personnage incroyable de sincérité, un gosse drôle et intelligent dans un monde de brutes sanguinaires. Rejetant le violence, il tente de survivre dans un monde ou se croisent dealers et gangsters et ou les guerres de gangs sont fréquentes. Mais il finit par se rendre à l'évidence, dans la cité de Dieu, la seule façon de survivre, c'est d'en partir...
Le spectateur reste accroché à son fauteuil du début à la fin et le film de Meirelles retranscrit à la perfection l'ambiance du livre de Paulo Lins dont il est tiré. Mais, loin d'être une simple adaptation, le long métrage innove dans sa façon très personnelle de présenter chaque évènement. La réalisation est un monument à elle tout seule, rappelle celle d'un certain Quentin Tarantino et s'avère d'une puissance et d'une fluidité hors du commun. Les musiques sont sublimes, très typiques et rajoutent beaucoup de piment ou d'émotion, notamment dans la scène de la mort de Cabellera, qui donne des frissons dans le dos. La Cité De Dieu innove également dans sa façon de présenter chaque personnage de façon très personnelle, qu'ils soient bons ou mauvais. Ainsi, la présentation des personnages ne se résume pas à «lui il est gentil, lui il est méchant» mais fait apparaître dans chaque protagoniste un sincérité et une sensibilité qu'on aurait pas soupçonné.
La violence est la caractéristique prédominante du film: entre steak-fritte, un gosse d'une dizaine d'année, à qui le Petit Zé dit de tuer un gosse au hasard, le viol de la femme de Manu, très suggéré mais pourtant terrifiant...sans parler de la mort de Zé, incroyable de puissance. Le scénario est passionnant, bourré de rebondissements et extrêmement bien mené. On ne s'ennuie jamais et l'histoire ne souffre d'aucune lacune. C'est long, efficace et parfaitement mis en scène.
En résumé, La Cité De Dieu est un chef d'½uvre d'une efficacité redoutable réalisé d'une main de maître par le très prometteur Fernando Meirelles. Du très grand cinéma.
19/20



